En bref
- Make est un service en ligne, très visuel, qu'on prend en main rapidement. Il facture à la consommation, en crédits.
- n8n peut être installé sur votre propre serveur. Il demande plus de compétences techniques, mais vous gardez la main sur l'endroit où passent vos données.
- Pour une PME, le vrai critère n'est pas l'outil : c'est où transitent vos données et qui maintiendra le workflow quand il cassera.
- Chez H-TIC, nous utilisons les deux. Nos workflows de production tournent sur un n8n que nous hébergeons en France ou dans l'Union européenne.
Vous avez une tâche répétitive qui mange des heures chaque semaine : recopier des commandes, relancer des devis, rédiger des fiches produits, compiler des rapports. Vous avez entendu parler de n8n et de Make, et la plupart des comparatifs se résument à un tableau de fonctionnalités. Ici, nous partons de ce que nous voyons en production chez nos clients, à Pau et ailleurs.
n8n et Make en deux phrases
Make (anciennement Integromat, aujourd'hui propriété de Celonis) est une plateforme d'automatisation en ligne. On assemble des « scénarios » en reliant des modules à la souris : quand un formulaire est rempli, créer un contact dans le CRM, envoyer un e-mail, ajouter une ligne dans un tableur.
n8n, créé à Berlin en 2019, fonctionne sur le même principe de nœuds reliés entre eux, mais il peut être installé sur votre propre serveur. Il laisse aussi écrire du code JavaScript ou Python dans les workflows, ce qui ouvre davantage de possibilités aux profils techniques.
Les différences qui comptent pour une PME
| Critère | Make | n8n |
|---|---|---|
| Hébergement | Service en ligne uniquement. Vous choisissez la zone du centre de données de votre organisation à sa création. | Version en ligne proposée par l'éditeur, ou installation sur votre propre serveur |
| Prise en main | Rapide, très visuelle | Plus technique, surtout en auto-hébergement |
| Facturation | En crédits : en règle générale, une opération de module consomme un crédit. Les modules d'IA peuvent en consommer davantage. | Version en ligne facturée par exécution de workflow. Version auto-hébergée sans abonnement, mais avec un serveur à payer et à entretenir. |
| Code personnalisé | Possible mais plus limité | JavaScript et Python dans les workflows |
| Licence | Logiciel propriétaire | Licence « fair-code » (Sustainable Use License) : code source disponible, usage libre pour les besoins internes de l'entreprise |
Deux précisions que l'on voit rarement dans les comparatifs :
- n8n n'est pas un logiciel open source au sens strict. Sa licence autorise l'usage pour les besoins internes de votre entreprise, y compris commerciaux, mais pas la revente de n8n comme service à vos propres clients. Le détail figure sur la page officielle de la licence.
- Make a remplacé les « opérations » par des « crédits » comme unité de facturation. Une opération classique vaut un crédit, mais les modules d'IA consomment des crédits selon le volume de texte traité. La documentation officielle de Make donne le détail.
Nous ne donnons pas de tarifs ici : ils changent souvent et dépendent de vos volumes. Consultez les pages officielles des deux éditeurs au moment de choisir.
Le critère qui tranche : où passent vos données
Un workflow manipule souvent des données sensibles : coordonnées de clients, commandes, devis, parfois des documents RH. Trois questions à poser, quel que soit l'outil :
- Où est hébergé l'outil d'automatisation ? Chez l'éditeur (dans quelle zone ?) ou sur un serveur dont vous connaissez l'emplacement ?
- Par où passent les données en cours de route ? Un workflow qui appelle une IA envoie le texte à l'éditeur de cette IA. Chez H-TIC, nos générations de texte passent par les API de Claude et d'OpenAI, deux éditeurs américains, et nous le disons au client dès le cadrage.
- Qui a accès aux identifiants ? Un workflow stocke des clés d'accès à votre CRM, votre boutique, votre messagerie. Sachez qui peut les voir et les révoquer.
L'auto-hébergement de n8n répond à la première question. Il ne règle pas la deuxième : un workflow auto-hébergé qui envoie des données à une IA américaine les fait sortir de l'Union européenne. C'est à vous de décider quelles données peuvent partir, et c'est le genre de point à valider avec votre délégué à la protection des données si vous en avez un.
Le critère qu'on oublie : qui maintient le workflow
Un workflow n'est pas un logiciel qu'on installe une fois. Une API change de version, un champ est renommé dans le CRM, un fournisseur modifie son format de fichier, et le scénario s'arrête. Avant de choisir l'outil, demandez-vous :
- qui reçoit l'alerte quand un workflow échoue ;
- qui sait le modifier si la personne qui l'a construit n'est plus là ;
- où est documenté ce que fait chaque workflow.
Avec Make, un salarié à l'aise avec l'informatique peut reprendre un scénario simple. Avec un n8n auto-hébergé, il faut en plus quelqu'un qui maintienne le serveur : mises à jour, sauvegardes, sécurité.
Ce que nous faisons tourner en production
Chez H-TIC, n8n est auto-hébergé sur un serveur situé en France ou dans l'Union européenne. Cinq workflows y tournent en production depuis plusieurs mois sans intervention, et nous en gardons une vingtaine prêts à l'emploi en interne : génération de contenus, veille automatique, restitution de données, génération d'images. Deux exemples chez nos clients :
Organisetonseminaire.com : des fiches prestataires contextualisées
Quand un prestataire enregistre sa fiche sur la plateforme, un scénario n8n récupère la fiche, les adresses de son site et de ses réseaux sociaux, puis rédige un texte qui situe son métier et sa clientèle. Ce socle, qui nous a demandé du temps au départ, se pose aujourd'hui en une demi-journée pour un nouveau projet du même type.
Péruilhé : des descriptions produits uniques
Pour ce distributeur de quincaillerie de Pardies, qui vend aussi aux professionnels sur sa boutique PrestaShop, un workflow génère des descriptions produits uniques et les intègre automatiquement dans la boutique, à partir des données techniques de chaque article.
Ces deux projets réunissent ce qui fait pencher vers n8n : des volumes importants, un hébergement que nous maîtrisons et des traitements qui demandent du code. Sur des besoins plus légers, par exemple relier un formulaire à un tableur et à une boîte mail, Make reste plus simple à mettre en place et à confier à un client.
Notre grille de choix
Make est plus adapté si :
- vos automatisations relient des applications courantes, avec un volume modéré ;
- quelqu'un en interne doit pouvoir les modifier sans développeur ;
- vous ne voulez pas gérer de serveur.
n8n est plus adapté si :
- vos workflows traitent de gros volumes ou comportent beaucoup d'étapes ;
- vous voulez choisir où sont hébergées vos données ;
- vos traitements demandent du code ou appellent des modèles d'IA de façon poussée ;
- un prestataire ou une personne technique assure la maintenance.
Et parfois, ni l'un ni l'autre. Si la tâche se répète dix fois par mois et prend cinq minutes, l'automatiser coûtera plus qu'elle ne fera gagner. Nous le disons à nos clients quand c'est le cas.
Par où commencer
- Choisissez une seule tâche, précise, qui se répète souvent.
- Mesurez-la : combien de fois par mois, combien de temps à chaque fois, par qui.
- Listez les données qu'elle manipule et les logiciels qu'elle traverse.
- Testez sur un petit périmètre avant de généraliser.
C'est la démarche de notre page Intégrer l'IA dans votre PME. Si vous voulez qu'on regarde une tâche avec vous, notre agence d'automatisation et d'IA vous reçoit à Pau ou en visio, que vous soyez déjà client ou non.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre Make et n8n ?
Make est un service en ligne très visuel, facturé en crédits selon la consommation. n8n peut être installé sur votre propre serveur, accepte du code JavaScript ou Python et convient mieux aux workflows techniques ou à fort volume. Les deux relient des applications entre elles sans développement complet.
À quoi sert Make ?
Make sert à automatiser des tâches entre plusieurs applications : créer un contact dans le CRM quand un formulaire est rempli, copier une commande dans un tableur, envoyer une notification. On construit ces scénarios à la souris, sans écrire de code dans la plupart des cas.
Quelles sont les utilisations de n8n ?
Les mêmes que Make, avec davantage de possibilités techniques : génération de contenus avec l'IA, synchronisation de données entre logiciels, veille automatique, rapports, traitement de fichiers. Chez H-TIC, nous l'utilisons notamment pour générer des descriptions produits et des fiches prestataires.
Quelle alternative à n8n ?
Make et Zapier sont les deux alternatives les plus connues, toutes deux en ligne uniquement. Zapier est le plus simple et le plus large en nombre d'applications, Make offre plus de souplesse dans la logique des scénarios. Aucun des deux ne s'installe sur votre propre serveur.
Est-ce que n8n est gratuit ?
La version auto-hébergée de n8n peut être utilisée sans abonnement pour les besoins internes de votre entreprise, selon sa licence. Il faut en revanche payer et entretenir le serveur. La version en ligne proposée par l'éditeur est payante, avec une facturation au nombre d'exécutions.
Qui a créé n8n ?
n8n a été créé en 2019 à Berlin par Jan Oberhauser. L'entreprise développe le logiciel et propose aussi une version hébergée.



